Crimes et policiers, Je lis, Littérature française

La revalorisation des déchets – Sébastien Gendron

la revalorisation des déchetsCe qu’en dit la quatrième de couverture :

« Après avoir exercé ses talents aux côtés d’un parrain de la mafia niçoise, Dick Lapelouse a décidé de s’établir à son compte comme tueur à gages à prix discount. Pour 259,00 €, il fait disparaître à peu près n’importe lequel de ces salauds ordinaires qui vous pourrissent le quotidien.

Son affaire est florissante jusqu’à ce que débarque Carlos Llanos – prétendument fils d’une crevure de premier ordre que Dick doit à tout prix éliminer. Mais très vite, tout se détraque. Y compris le subconscient de notre héros qui ne cesse de le torturer sous la forme d’une envahissante créature blonde.

À la croisée de Bertrand Blier et des westerns spaghetti de Quentin Tarantino, la plume déjantée et l’humour noir décapant de Sébastien Gendron dynamitent les codes du polar. »

Mon avis :

Voilà un roman tout à fait situé dans notre contexte actuel. C’est la crise et le marché du low-cost prend des formes… insoupçonnées.

Dick Lapelouse est un tueur à gages qui a décidé d’exercer à bas prix afin d’aider les gens ordinaires à se débarrasser des salauds du quotidien, ceux que la justice n’arrive pas à attraper. Son affaire fonctionne bien jusqu’à qu’arrive un client un peu spécial.
Ce livre est très amusant et la référence aux films de Bertrand Blier et de Quentin Tarantino en quatrième de couverture n’est pas usurpée. Le concept est original, les personnages atypiques (mention spéciale pour la secrétaire), le tout est drôle.

De plus, le roman est aussi une réflexion intéressante sur le fait d’ôter la vie d’un être humain. Dick Lapelouse demande toujours à ses clients de réfléchir et de s’impliquer dans leurs actes de vengeances. Loin d’un simple contexte impossible, l’auteur a pris le temps de réfléchir au moyen de rendre l’entreprise de Lapelouse légale (pas dans le fond bien sûr, mais sur le forme). Quand aux problèmes que va rencontrer le personnage, je vous laisse le soin de le découvrir….

En bref, si vous voulez du roman noir amusant mais pas dénué de réflexion, je vous recommande La revalorisation des déchets !

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Crimes et policiers, Sur petit ou grand écran

Grantchester

grantchester Quoi ? Deux billets aujourd’hui ? Elle est devenue folle ? Rassurez-vous, c’est juste parce que je me suis rendue compte que j’avais oublié de vous parler de ma découverte de dimanche dernier : Grantchester ! Comme le replay des deux premiers épisodes n’est disponible que jusqu’à 20h50, il fallait absolument que je vous en parle aujourd’hui 🙂

Grantchester est donc le nom d’une bourgade anglaise située près de Cambridge, où notre personnage principal, Sidney Chambers, officie en tant que vicaire dans les années 50. Durant le premier épisode, il est confronté à un suicide sur lequel il mène l’enquête. Il rencontre à cette occasion l’inspecteur Geordie Keating, qui voit rapidement un lui un allié fort utile. La raison en est simple : les gens se confient bien plus facilement à un pasteur qu’à un inspecteur !

Voilà donc un duo fort intéressant et prometteur. Les enquêtes sont bien ficelées, les personnages intéressants et complexes. L’ambiance années 50, avec toutes les thématiques que cela comporte est très bien rendue. Pour l’instant, on sent que la petite équipe de personnages principaux est en train de se former et c’est très agréable.

Enfin, pour ceux que l’aspect religieux pourrait rebuter ne vous inquiétez pas, Sidney est un pasteur plutôt ouvert d’esprit, ce qui ajoute à la sympathie que l’on a pour ce personnage (en plus il n’est pas désagréable à regarder^^).

Donc je vous recommande de tester cette charmante série aujourd’hui, et de retrouver la suite dès ce soir sur France 3 !
challenge-sherlock___running_wallpaper_by_draft624-corrigc3a9Cela me permet de valider ma première participation à A year in England !

Crimes et policiers, Littérature française

Goodbye Billy – Laurent Whale

Roman Thriller Goodbye Billy Laurent WhaleAlors qu’Étonnants Voyageurs se prépare, j’ai eu envie de vous parler d’un livre que j’avais beaucoup apprécié il y a quelques temps déjà, mais dont je ne vous avais parlé. Puisque le tome 2 va sortir cette semaine et que l’auteur sera en dédicace à Saint-Malo, il faut absolument que je vous parle de Goodbye Billy !

Ce qu’en dit la quatrième de couverture

« Si Dieu a créé les hommes, Samuel Colt les a rendus égaux. »

14 juillet 1881, Old Fort Sumner. Lorsque la nuit tombe sur ce coin perdu du Nouveau-Mexique, l’Ouest américain ne le sait pas encore, mais on va l’amputer d’une légende. Tapi dans l’ombre, Billy the Kid attend son heure. Dans quelques secondes, ses actes changeront à jamais le cours de l’Histoire.

Décembre 2012, Washington, bibliothèque du Congrès. Un archiviste examine un exemplaire du Miami Chronicle daté de 1934. Soudain, une photo retient son attention : les revenants existeraient-ils ?

Tandis que les sbires d’un candidat à la présidence suppriment les dossiers compromettants de leur employeur, un groupe d’historiens de choc, dirigé par Richard Benton, se met en quête de la vérité. Quel lien unit donc un jeune hors-la-loi du XIXe siècle à un requin politique de l’ère spatiale ?

Dick Benton et son équipe feront l’impossible pour le savoir.

Mon avis
Goodbye Billy introduit toute une équipe d’archivistes nommés les Rats de Poussière. Chargés de dénicher les secrets les plus embarrassants de l’histoire américaine, ils se trouvent confrontés à des gens déterminés à ne pas les laisser faire. S’ensuit une course poursuite haletante avec beaucoup de rebondissements et de très bonnes scènes d’action.
Un rythme rapide, mais qui laisse quand même le temps de s’intéresser aux personnages de l’équipe. Loin d’être simplifiés à leurs fonctions, ils se dévoilent et finissent par être plus complexes qu’on aurait pu le croire. Cela est un excellent présage pour la suite de la série.
De plus, en tant qu’ancienne étudiante en histoire j’ai apprécié que cette discipline soit autant valorisée dans un livre sans tomber dans les clichés habituels des historiens.
J’aurais aimé apprécier davantage les passages concernant Billy the kid mais je ne connaissais pas assez l’homme et son histoire pour pouvoir le faire à sa juste valeur. Reste les belles descriptions de l’Ouest sauvage et de duels épiques qui plairont aux amateurs de western tels que moi.

Pour conclure, voici un très bon thriller historique dont j’ai hâte de découvrir la suite !

D’autres avis chez : Le dévoreur de livres, Un papillon dans la lune

Classiques anglais, Crimes et policiers

Une affaire d’identité – Arthur Conan Doyle

lu sur ma liseuse Je suis toujours plongée dans ma redécouverte des aventures de Sherlock Holmes en compagnie de Syl et de quelques autres blogueuses. N’hésitez pas à nous rejoindre !
Les billets des copines : Syl, Caro

Cette fois-ci, Sherlock a affaire à un cas singulier, une jeune fille lui demande de retrouver son fiancé, qui s’est évaporé le jour de son mariage. Bien entendu, alors que rien ne semble clair à Watson, Sherlock arrive à comprendre ce qui est arrivé au disparu.
Une enquête qui m’a beaucoup diverti car on a toutes les cartes en main pour comprendre les tenants et aboutissants de l’affaire. Mais il est difficile de percer à jour des motivations si machiavéliques et on se rend compte que l’affaire n’est pas si légère que ça.
Face à cela, Sherlock quitte son habituelle froideur pour de la compassion, faisant même semblant de ne pas avoir découvert la vérité pour ne pas attrister la jeune fille. Si vous avez d’ordinaire du mal avec le personnage je ne peux que vous recommander cette nouvelle, qui nous permet de voir une facette plus humaine du personnage.

L’en

Classiques anglais, Crimes et policiers, Je lis

La ligue des rouquins – Arthur Conan Doyle

lu sur ma liseuseJe continue ma relecture des Sherlock Holmes en compagnie de Syl. Ce mois-ci nous avons lu La ligue des rouquins et je vous présente donc ce billet avec un peu de retard

Un homme dérouté se présente chez Sherlock Holmes. Alors qu’à cause de ses cheveux roux, il avait obtenu un emploi « fictif » à la ligue des rouquins, celle-ci vient d’être dissoute.

Sous cette ligue, se cache un mystère que Sherlock aura tôt fait de résoudre….

Il me semble avoir déjà lu cette nouvelle, car l’histoire ne m’a pas surprise. L’enquête est agréable et le mystère est assez astucieux. Sherlock et Watson y connaissent même quelques moments d’action. Encore un bon moment passé en compagnie de Sherlock et Watson, j’ai hâte de les retrouver dans une nouvelle aventure le mois prochain !

Si vous avez une liseuse et que vous voulez vous aussi lire toutes les aventures d’Holmes, sachez qu’elles sont toutes disponibles en ligne gratuitement et en français !

Classiques anglais, Crimes et policiers

Un scandale en Bohême – Arthur Conan Doyle

lu sur ma liseuseMême si j’ai déjà lu quelques histoires de Sherlock Holmes, je suis loin de connaître toutes les histoires. Du coup, quand Syl a voulu reprendre les lectures communes, j’ai été ravie de me joindre à elle.

Les billets des autres participants : Syl

De quoi ça parle ?

Alors que Watson rend visite à son ami, un mystérieux client vient trouver Sherlock Holmes. Sur le point de se fiancer, l’homme est menacé par Irène Adler, une ex petite-amie, de dénoncer leur liaison. Au vu du statut de l’homme, l’affaire pourrait avoir des repercussions internationales. Holmes est engagé pour récupérer une photographie compromettante, mais miss Adler va se révéler être un adversaire de taille…

Mon avis

A l’image de la nouvelle, celui-ci sera court. L’enquête est assez simple et classique pour une histoire de Sherlock Holmes. Le grand intérêt de l’enquête est de découvrir Irène Adler, une femme (la femme, comme l’appelle Holmes) très intelligente et qui saura tenir tête au détective. Cela fait plaisir de voir quelqu’un aussi malin que Sherlock, lui qui se croit toujours au dessus de tout le monde.

Comme toutes les histoires de Sherlock Holmes, celle-ci est très agréable à lire, et pour une fois Holmes fait des suppositions raisonnables, basées sur une observation minutieuse, mais qu’un autre observateur attentif aurait pu découvrir.

J’ai été ravie de redécouvrir Sherlock Holmes au cours de cette lecture commune, et j’espère lire bientôt une autre de ses enquêtes !

Classiques anglais, Crimes et policiers

La mort n’est pas une fin – Agatha Christie

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Pourquoi ce livre :

Acheté par hasard lors d’un vide-grenier en septembre dernier, j’ai eu envie de sortir ce livre de ma PAL pour cet été.

Ce qu’en dit la quatrième de couverture :

 » Elle est bien belle, la concubine qu’Imhotep a ramenée de son voyage dans le nord. Mais elle qu’une étrangère, et on ne l’aime pas. D’ailleurs, depuis qu’elle a ensorcelé le maître, rien ne va plus au domaine. Et ce démon va finir par décider de tout si l’on n’y prend pas garde. Il faut agir avant qu’il ne soit trop tard.

Si elle venait à disparaître, le coeur d’Imhotep retournerait à ses fils. Il suffirait d’écraser le serpent, et tout redeviendrait comme avant.

Est-ce bien certain ? Le mal vient-il seulement de l’étrangère ? On dirait qu’un poison intérieur ronge aussi la maison du maître… »

Mon avis :

Il y a des auteurs qui arrivent toujours à nous bluffer, Agatha Christie est de ceux-là. Au début j’étais plutôt dubitative, allais-je aimer un livre qui se passe en Egypte Ancienne et d’où sont absents nos détectives préférés ?

Pourtant, une fois passée les premières pages et le temps de s’acclimater à cette atmosphère égyptienne, on sent vite qu’on se retrouve dans un Agatha Christie, un roman où les gens ne sont pas ce qu’on croit qu’ils sont et où personne n’est insoupçonnable…

L’auteur a su utiliser à merveille ses connaissances sur cette période pour nous servir un roman historique digne de ce nom. Les titres de chapitres sont des dates « à l’égyptienne » : on commence le 20e jour du deuxième mois de l’inondation et on termine le 17e jour du deuxième mois de l’été. Les rites religieux de l’époque sont également bien retranscrits et on sent qu’Agatha Christie a été l’épouse du professeur Max Mallowan et qu’elle l’accompagnait régulièrement en voyage.

Tout cela contribue à créer une ambiance originale et propice à l’élaboration d’une intrigue criminelle très intéressante. Ici pas de police, pas de détective, juste une famille qui essaie de comprendre ce qui lui arrive. Tout le monde peut être le coupable, on se met vite à élaborer toutes les hypothèses possibles en même tant que les personnages, et bien sûr on se fait avoir quand même en ne devinant rien avant la révélation finale.

En bref : du grand Agatha Christie à la sauce égyptienne !

Crimes et policiers, Littérature américaine

Chamamé – Leonardo Oyola

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Pourquoi ce livre ?

J’ai reçu ce livre suite à la Masse Critique de Babelio, merci de m’avoir choisi !

Ce qu’en dit la quatrième de couverture :

« Perro et le Pasteur Noé sont deux amis, deux pirates de la route évoluant dans un univers violent et amoral. Une trahison va briser ce binôme et le premier se retrouve à traquer le second dans la région de la triple frontière argentine. À cette chasse à l’homme se mêlent souvenirs du passé carcéral des deux caïds, rivalités de bandes, personnages secondaires fous furieux et scènes de bagarres d’anthologie dignes des films de Tarantino. 
Comme Golgotha, précédent roman de l’auteur, Chamamé est imprégné de musique et de culture populaire. Un Mad Max argentin, écrit sous adrénaline. »

Mon avis :

Nous voilà partis en compagnie de Perro, trahi par son compagnon le pasteur Noé et qui a soif de vengeance. A cette chasse à l’homme se mêlent des souvenirs et qui nous renseignent davantage sur la personnalité des deux compères.

Ce que j’aime dans le roman noir, c’est cette capacité qu’il a à nous plonger dans des univers sombres que l’on ne côtoie que dans la rubrique des faits divers. Ici Leonardo Oyola nous livre un portrait sans concession et sans jugement d’hommes à la moralité douteuse mais dotés cependant d’un certain sens de l’honneur. On voit comment ces hommes ont plongés progressivement dans un monde violent dont ils sont à la fois les prisonniers et les geôliers. Perro a conscience de ses travers, mais il sent qu’il est à sa place parmi ces gens-là.

Les souvenirs nous offrent l’occasion de lire des scènes de bagarre d’anthologie à l’humour grinçant dans un style très descriptif et parfois même quelques moments de réflexion très intéressants.

J’ai cependant eu du mal avec le style de l’auteur. Tout d’abord, il mélange toutes les époques et j’ai parfois eu du mal à tout dêméler pour retrouver l’intrigue principale. Ensuite, il écrit dans un style argotique plutôt vulgaire auquel je ne suis absolument pas habitué et qui avait tendance à me faire décrocher de ma lecture. Enfin, n’étant pas une grande habituée de la littérature et de la culture argentine, il me manquait probablement un certain nombre de référence pour pouvoir apprécier pleinement ma lecture.

Une petite phrase : 

 » Il aurait fallu que tu sois comme Shakira quand elle chante, Macaya ! Aveugle et sourd-muet ! » ai-je crié en direction du cadavre, avant de lui balancer un mollard sur le torse.

En bref : un très bon livre qui m’a plu mais qui ne m’a transporté plus que ça, dommage.

Du côté des challenges :

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Crimes et policiers, Littérature française

Rennes, ici Rennes – Calibre 35

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Le samedi 13 avril à Pont-Péan, j’ai été confronté à une affaire bien étrange. Dix auteurs parlant d’affaires se passant à Rennes, tous commençant à la gare. Allais-je aimer ? Détester ? Avoir peur de sortir à Rennes après la lecture ? L’affaire ne s’annonçait pas aisée.

Premier élément de l’enquête, le message au dos au livre :

« Dix auteurs. Dix nouvelles. Un seul départ. Quelles seront les arrivées ?

Découvrez l’univers de dix auteurs de talent : Claude Bathany, Hervé Commère, Frank Darcel, Stéphane Grangier, David S. Khara, Valérie Lys, Frédéric Paulin, Yves Tanguy, Léonard Taokao, Erik Wietzel »

Rapport préliminaire :

Un recueil dont toutes les nouvelles commencent par la phrase  » Rennes, ici Rennes », une annonce qui est bien familière aux habitués de la gare. Avec cet unique point de départ, les auteurs nous présentent leur vision de Rennes, le personnage principal de ce recueil. Un personnage familier et amical pour certains, désagréable pour d’autres. C’est avec de tels livres que l’on se rend compte qu’une ville a une âme, un comportement qui lui est propre, et les familiers de la ville la reconnaîtront sans problèmes. Dix histoires très différentes mais qui s’enchaînent très bien les unes aux autres, à peine le temps de reprendre son souffle après en avoir terminé une que l’on est déjà plongé dans la suivante. Dernière remarque générale, on s’attache souvent aux narrateurs, aussi étranges, brisés et dangereux qu’ils puissent être. Inutile de dire que l’on s’attache aussi à Rennes, même si la gare vous semblera soudainement emplie de gens peu fréquentables. Pour moi une seule conclusion s’impose, il faut que je lise davantage de roman noir.

Les témoignages des dix suspects :

David S. Khara, Nuit de Braise : une femme de retour à Rennes, une histoire de vengeance explosive, un policier marqué par une ancienne affaire. Une bien sombre histoire qui nous montre que la ville a des choses à cacher et que les drames ne nous quittent jamais.

Frank Darcel, Rive droite : un autre retour à Rennes, une histoire de famille, des usurpations d’identité. On quitte un peu la ville mais son ombre est toujours là en particulier celles de la Rue Saint-Michel et du Boulevard de Sévigné.

Valérie Lys, Des Cendres à Montfort : des vols d’urnes funéraires, un asile psychiatrique, un engrais secret. La fin est un peu abrupte à mon goût, mais l’intrigue nous amène dans des ressorts assez inattendus.

Erik Wietzel, Le Complot : une femme traumatisée, à bout de nerfs, complot ou paranoïa. Je vous ai récemment parlé de cet auteur lors de l’affaire « La porte des limbes« . Ici, point de Nephilim ou de symbolistes, mais l’auteur sait définitivement travailler le flou et l’ambigu.

Yves Tanguy, Les Errements d’Hippocrate : un arrêt imprévu à Rennes, une jeune médecin, un policier en fin de vie. De très bons rebondissements qui m’ont fait penser à une autre célèbre affaire bretonne. Cumparsita est le personnage de policier que j’ai préféré dans le recueil. Par contre, on prend le métro pour aller de la gare à Pontchaillou, pas le bus 😉

Hervé Commère, Savoir et Savoir : un ancien détenu, une offre alléchante, un voisin qui hurle. Une histoire qui montre bien que l’on ne peut pas tout prévoir, même si l’on essaie.

Léonard Taokao, Ad Rennes Aline : un vol, des punks à chiens, un enchaînement de problèmes. Où l’art de se mettre dans des embrouilles sans avoir une chance de s’en tirer. A ce stade, cela touche à l’exercice de style et j’ai presque rit des misères de cet homme.

Stéphane Grangier, Rennes, Gueule ouverte : une autre histoire de retour, un homme brisé, le passé qui refait surface. Un homme qui veut s’en sortir, mais peut-on se fuir soi-même ?

Frédéric Paulin, Chasse au vieux : un homme politique déchu, des jeunes, des parcs. Une nouvelle étrange qui nous narre comment un homme peut être rapidement exclu de sa vie, mais aussi comment les problèmes entre générations peuvent prendre un tour plus radical.

Claude Bathany, Autofiction : un écrivain en panne d’inspiration, une jeune femme, des poèmes. Ravie de constater que je peux aimer l’autofiction quand elle est de qualité avec une nouvelle qui conclue particulièrement bien ce recueil.

Conclusion de l’enquête : Calibre 35 est coupable, et j’espère bien les voir récidiver. Rennes appréciera l’hommage.

Crimes et policiers, Littérature française, Littératures de l'imaginaire

Lasser, un privé sur le Nil et Mariage à l’égyptienne – Sylvie Miller et Philippe Ward

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Pourquoi ce livre ?

Je me suis fait dédicacer le premier tome à Rue des Livres à Rennes, puis j’ai acheté le tome 2 alors que je n’avais même pas terminé le tome 1, attendez-vous donc à une chronique enthousiaste.

Ce qu’en disent les quatrièmes de couverture :

 » 1935. Le Caire. Jean-Philippe Lasser, détective privé de seconde zone, hante le bar de l’hôtel où il a posé ses valises et ses bureaux, en attendant le coup qui rapportera gros. Pour le moment, il ne décroche que des petites affaires, celles que tous ses collègues ont refusées…

La dernière en date pourrait bien changer la donne : la déesse Isis en personne vient lui demander de retrouver le très convoité manuscrit de Thot. Or, si l’opportunité peut le rendre plein aux as, elle peut aussi le laisser sur le carreau. Malgré ses réticences, il n’est pas en mesure de refuser : dans cette Egypte pharaonique où les Dieux marchent parmi les hommes, quand les premiers ordonnent, les seconds obéissent.

Délaissant son précieux seize ans d’âge, il se lance dans une succession d’enquêtes rocambolesques qui le verra peut-être devenir le seul, l’unique, détective des dieux ! »

« 1935. Le Caire. Enfin ! Jean-Philippe Lasser vient de décrocher le jackpot, l’affaire qui lui vaudra la Une des journaux… ou la rubrique nécrologique.

Le mariage inédit qui doit rapprocher dieux grecs et égyptiens  risque de prendre une fâcheuse tournure : la future mariée a disparu ! Fugue ? Enlèvement ? Complot ? Si la promise ne réapparaît pas très vite, le vin de noces pourrait bien tourner au vinaigre.

Armé de son intuition et de son pur malt, Lasser plonge au cœur des intrigues divines, où mensonge et trahison sont la règle. Le compte à rebours est lancé : le détective des dieux n’a pas le droit à l’erreur, et encore moins de tomber amoureux… »

Mon avis :

Première constatation, cette lecture met de bonne humeur ! Sans avoir ri aux éclats, je n’ai pu que constater l’effet plus que positif de cette lecture sur mon moral. L’humour est sans cesse au rendez-vous, que ce soit par les réflexions de Lasser ou bien les sujets des enquêtes.

J’ai également pu apprécier l’univers uchronique, très original avec un monde resté dans la situation géopolitique de l’Antiquité, où le pharaon gouverne toujours l’Egypte. Une idée riche, bien exploitée, dont j’apprécie de connaître les détails au fur et à mesure des enquêtes. L’Egypte est certes le principal pays évoqué, mais dans le tome 2 on évoque également d’autres contrées, tout en ne perdant jamais le lecteur dans une complexité de détails. Evidemment, l’ancienne étudiante en histoire et archéologie que je suis n’a pu qu’apprécier le sens du détail avec lequel les monuments antiques, toujours debouts dans ce monde, sont décrits.

Mais ce monde uchronique ne serait rien sans ses acteurs principaux : les Dieux ! Des célébrités aux supers-pouvoirs, égoïstes, colériques et impulsifs. Il est impensable de vouloir les contrarier, voire même de les regarder d’une manière qui ne leur conviendrait pas, sous peine de finir instantanément en fumée. Les Dieux sont conformes à l’image formée par les différentes mythologies, et un amateur de ces mythes y retrouvera avec plaisir des personnages bien connus (oups je les ai traités de personnages, j’espère ne pas finir foudroyée…). Cette connaissance de la mythologie m’a d’ailleurs permis d’anticiper certaines résolutions d’enquêtes.

Car n’oublions pas que ces deux livres traitent d’enquêtes. Jean-Philippe Lasser, malgré son monde exotique, est conforme à l’image du détective privé des années 30  : grand amateur de whisky, de femmes (signalons au passage son goût plus que déplorable pour les choisir), solitaire de caractère. Mais sous cette façade peu sympathique, on prend plaisir à suivre un homme attachant, rendu amer par son passé (son père a été changé en corbeau par Taranis), et qui progressivement prend conscience que les gens de son entourage tiennent à lui et sont prêt à tout pour l’aider. Je ne peux vous en dévoiler davantage sur les personnages secondaires, de peur de gâcher votre découverte, mais sachez qu’ils contribuent au plaisir de découvrir cette histoire. Tout comme Lasser, ces personnages sont plus complexes qu’il n’y parait au premier abord, et l’on prend plaisir à les connaître davantage au fil des enquêtes.

Les enquêtes sont prenantes et pleines de rebondissements, comme je l’ai dit plus haut on se doute parfois de l’identité des coupables mais l’on est souvent surpris par le dénouement des affaires.

Le premier tome Lasser, un privé sur le Nil est composé d’un prologue, Filature à Marselha qui explique pourquoi Lasser a quitté sa Gaule natale pour l’Egypte, puis d’enquêtes où Lasser doit retrouver des objets divins assez particuliers : Le Manuscrit de Thot (où le Sphinx est un indic), Le Chat de Sekhmet (où l’on croise le grand organisateur Sarq-Ôsis), L’Embrouille Féline (une très bonne réécriture d’un conte bien connu), Le quatorzième morceau d’Osiris (pour les connaisseurs de mythologie égyptienne : oui c’est bien le morceau auquel vous pensez), La querelle nubienne (où l’on quitte un peu l’Egypte). Cependant, on ne peut pas vraiment parler d’un recueil de nouvelles puisque toutes les enquêtes s’enchaînent les unes aux autres, vous donnant à chaque fois envie de lire l’intrigue suivante.

Ainsi le tome 2  Mariage à l’Egyptienne reprend là où le tome 1 s’est arrêté, mais ici Lasser mène une seule enquête. A l’occasion d’un mariage entre deux divinités, la fiancée disparaît. Lasser doit mener l’enquête au plus vite afin d’éviter un incident international car à côté d’un mariage divin, nos mariages royaux font pâle figure.  Ce tome 2 est donc l’occasion de faire une intrigue plus développée (au grand désespoir de Lasser, qui en bave encore plus que d’habitude), de voyager un peu, mais aussi de côtoyer des divinités venues d’autres pays, notamment celles issues de la mythologie grecque.

Le sujet du tome 3 est plus que prometteur, j’ai hâte de pouvoir le lire !

En bref : drôles, prenants et originaux, ces deux livres vous feront passer un très bon moment !

Du côté des challenges 

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