Les écrits de Lovecraft

La Nouvelle-Angleterre et Lovecraft

Pour le challenge Halloween, je ne vous ai pas fait un billet de lecture, mais j’ai essayé de trouver les lieux de la Nouvelle-Angleterre dont parlait Lovecraft dans ses récits. Certains n’existent apparemment pas, mais d’autres sont tout à fait visitables… Les citations des trois premiers lieux sont tirées du Dictionnaire des Lieux Imaginaires de Manguel et Guadalupi. La grande carte vient de Wikipédia et le plan d’Innsmouth a été réalisé par Lovecraft lui-même.

1- Arkham (La maison de la sorcière, Le monstre sur le seuil, Herbert West réanimateur, L’indicible)

« Vieille ville du Massachusets, traversée par le Miskatonic, un fleuve aux eaux fangeuses. Fondée au début du XVIIe siècle, elle a très peu changé depuis. La rumeur circule, selon laquelle, depuis son origine, d’effroyables cérémonies se déroulent dans les sombres collines voisines et sur l’île déserte du Miskatonic. Bien des maisons d’Arkham sont les témoins silencieux de sombres forfaitures, telle la maison de la Sorcière, habitée par Keziah Mason qui causa un innommable scandale lors de son procès en 1692.

L’université de Miskatonic, l’un des centres culturels de la Nouvelle-Angleterre, est spécialisée dans l’occultisme, et nombre d’étudiants célèbres – le Dr Armitage, le professeur Wilmarth, Randolph Carter- ont arpenté ses salles vénérables. La bibliothèque de l’université est renommée pour ses livres rares et dangereux : le Nécronomicon de l’Arabe dément Abdul Alhazred ; le Livre d’Eibon, l’Unaussprechlichen Kulter de von Junzt, les Manuscrits pnakotiques, les Fragments du Sussex et le Culte des Goules du comte d’Erlette.

L’histoire d’Arkham est une succession d’épisodes abominables. Les voyageurs désireux de visiter la ville le feront à leurs risques et périls : les conséquences d’une telle visite peuvent les empêcher de dormir pour le reste de leurs jours. »

Outre la maison de la sorcière et la bibliothèque universitaire, évitez également le cimetière après la tombée de la nuit.

Voilà une ville qui est citée dans énormément de nouvelles de Lovecraft, pour les amateurs je vous recommande le jeu de société Horreur à Arkham qui est long mais plutôt intéressant à jouer avec des amis. Sinon le nom d’Arkham vous dit peut-être quelque chose si vous connaissez l’univers de Batman : en effet, c’est le nom de l’asile de Gotham City où est enfermé le Joker…

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2- Dunwich (L’abomination de Dunwich)

« Village du Massachusetts aux Etats-Unis.

C’est là que dans la famille Matheley naquit une créature d’épouvante, un monstre innommable, à l’image de son père spectral. Sorte d’œuf énorme muni de pattes et de trompes, il ne fut aperçu qu’une fois avant d’être tué par un trait de foudre, tombé du ciel. Une puanteur épouvantable envahit alors le pays. Les arbres, l’herbe et les buissons se tordirent comme des mèches de fouet. Le feuillage se flétrit et devint d’un gris jaunâtre, tandis que les champs et la forêt se couvraient d’oiseaux morts. La puanteur disparut peu à peu mais, aux alentours de Dunwich, la région ne fut plus jamais la même. »

Charmante bourgade, n’est-ce pas ? Lovecraft n’a pas son pareil pour décrire les populations du Massachusetts, isolées les unes des autres et un peu trop consanguines.

3- Innsmouth (Le cauchemar d’Innsmouth)

« Ancien port de pêche du Massachusets, aux Etats-Unis, séparé du reste du pays par de vastes déserts. Il fut fondé en 1643 sur les berges de la Manuxet et devint bientôt un important chantier de constructions navales. Aujourd’hui, c’est un port qu’il vaut mieux éviter : une puante odeur de poisson plane sur la ville dont les habitants présentent un curieux aspect amphibie que les chevaux, les chiens et les autres animaux semblent détester.

Vers 1830, un certain capitaine Obed Marsh quitta Innsmouth et fit voile vers le Pacifique, où il découvrit une petite île volcanique, peuplée de ruines fantastiques et de monstres hideux. Les indigènes d’une île voisine lui expliquèrent que les ruines étaient hantées par des créatures mi-poisson mi-crapaud, qui échangeaient vivres et bijoux d’or contre des victimes humaines. Ils avouèrent que, dans le passé, ils s’étaient accouplés avec ces créatures, et que leur descendance était immortelle. Le capitaine Marsh vit dans tout cela l’occasion d’un commerce rentable et acheta aux indigènes quantité de bijoux d’or à très bas prix. Quelques années plus tard, les occupants des îles voisines, lassés ou effrayés par ce commerce écœurant, surprirent ces insulaires et les massacrèrent. Ne voulant pas perdre un commerce aussi lucratif, le capitaine Marsh décida d’essayer d’entrer en contact avec la race amphibie et lança dans la mer un poids de plomb que l’un des chefs indigènes lui avait donné, avec son mode d’emploi.

Il est probable que Marsh réussit à communiquer avec les monstres, car, peu après sa tentative, une étrange église où était adoré le monstre marin Dagon fut construite à Innsmouth. On vit des créatures semblables à des poissons errer dans les rues. Bien que l’histoire d’Innsmouth demeure obscure, les voyageurs pourront voir des exemples de l’art des monstres marins à l’université Miskatonic d’Arkham et l’Institut d’études historiques de Newburyport, Essex, dans le Massachusetts. Il y a tous les jours deux diligences pour Innsmouth : elles partent de Newburyport à 10 heures et à 19 heures. »

Cette ville est sans doute la pire à mon avis.

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4- Kingsport (Le Festival, L’étrange maison haute dans la brume, Le terrible vieillard)

A l’embouchure du fleuve Miskatonic non loin d’Arkham, Kingsport est une ville côtière où se tient d’étranges rituels et une maison inaccessible a ses lumières allumées la nuit. Ville à éviter absolument lors de la célébration de Yuletide (vers Noël).

5- La ferme de Nahum (La couleur tombée du ciel)

Une campagne sauvage et maudite à cause d’une mystérieuse météorite, recouverte aujourd’hui par un réservoir. Pour tous renseignements, adressez-vous au vieux Ammi Pierce.

6- Providence (L’affaire Charles Dexter Ward, L’appel de Chtulhu, Celui qui hantait les ténèbres, La maison maudite)

La ville où a vécu Lovecraft l’a également beaucoup inspiré pour ses récits. Son asile est rempli de célébrités (Charles Dexter Ward) et si on vous y lègue de vieux papiers je vous déconseille de les lire si vous voulez conserver votre santé mentale et votre vie.

7- La ferme d’Akeley (Celui qui chuchotait dans les ténèbres)

Située dans le Vermont, je vous déconseille de vous en approcher sous peine de croiser la créature qui hante les lieux.

8- Catskill (Par-delà le mur du sommeil, La peur qui rôde)

Montagnes situées au nord de New York, dans l’Etat de New York, vous pouvez les visiter elles existent vraiment. Lovecraft qualifiait la population de l’époque de plutôt étrange et y a donc placé certaines histoires. Le mont des Tempêtes semble à éviter.

9- Vallée de Miskaton (L’image dans la maison déserte)

Toujours des fermes isolées non loin d’Arkham, des populations peu recommandables et des faits étranges

10- New York (Horreur à Red Hook, Lui, Air Froid)

Lovecraft situe des histoires à Brooklyn et à Greenwich car dans l’ancienne New York se pratiquait d’étranges rituels… Vos voisins peuvent être également très étranges, et comme toujours dans les histoires de Lovecraft il vaut mieux éviter d’en savoir plus.

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Challenge Les Mondes imaginaires, Les écrits de Lovecraft

La maison de la sorcière – H.P. Lovecraft

                                                                  

Pourquoi ce livre ?

Parce que Lovecraft !

De quoi ça parle ?

Walter Gilman étudie la physique quantique dans la célèbre université de la ville fictive d’Arkham, où se passent nombre d’aventures lovecraftiennes. Il a choisi de vivre dans une maison où vivait autrefois une sorcière échappée de Salem. Entre le surmenage et les étranges bruits nocturnes, Walter va vite regretter son choix…

Qu’est-ce que j’en pense ?

Un petit billet pour une petite nouvelle (39 pages).

Lovecraft réussit encore ici le pari de nous raconter avec brio une nouvelle étrange et terrifiante. Comme souvent avec cet auteur, le personnage principal est responsable de ce qui lui arrive, puisqu’il provoque des forces qui le dépassent totalement. Alors qu’il écrit à une époque où le positivisme scientifique était dominant, Lovecraft montre une certaine méfiance envers la recherche à tout prix. L’aspect terrifiant du récit est ici accentué par l’utilisation de détails historiques, comme l’évocation du procès de Salem, de détails scientifiques d’actualités comme les théories d’Einstein, le tout mêlé à des visions oniriques de Gilman, évoquant un lien avec des entités extraterrestres.

Pour autant, la nouvelle reste tout à fait cohérente, et même si l’on sent pertinemment que cela va mal se terminer, on ne peut empêcher d’être fasciné et happé dans sa lecture jusqu’au dénouement. Difficile de vous endormir de suite après une pareille lecture…

Du côté des challenges