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La messagère du ciel – Lionel Davoust

la-messagere-du-ciel-677x1024Présentation de l’éditeur : « Mériane est une trappeuse, une paria, une femme. Autant de bonnes raisons d’en vouloir aux Dieux qui ont puni le peuple de la Rhovelle pour les fautes de ses aïeux. Car depuis la chute du glorieux Empire d’Asrethia, le monde est parcouru de zones instables qui provoquent des mutations terrifiantes, les gens ont faim, et une religion austère qui prêche la haine des femmes soutient un système féodal.

Pourtant, quand les Dieux décident de vider leur querelle par l’intermédiaire des humains, un rôle crucial échoit à Mériane. Pour elle débute une quête qui la verra devenir chef de guerre et incarner l’espoir de tout un peuple. »

Je vous ai déjà partagé mes avis enthousiastes sur les ouvrages de Lionel Davoust se déroulant dans le monde d’Evanégyre (Port d’Âmes et La Volonté du Dragon), vous vous doutez donc bien que je partais dans cette lecture avec un a-priori positif.

La Messagère du ciel est la preuve qu’on peut avoir des personnages féminins géniaux dans un univers qui les déteste.

Si, si, je vous jure. Difficile de faire pire que la Rhovelle de cette époque, où les femmes sont toutes coupables de ressembler à celle qui a fait s’écrouler l’empire d’Asrethia. Pourtant, les personnages féminins du roman, loin de se conformer à l’idéal de l’époque (assez proche de la personnalité d’un pot de fleurs), ont choisi la révolte. D’ailleurs, les personnages ont des prises de position affirmées dès le début du roman. Ainsi, Mériane a déjà choisi de s’ostraciser de cette société qui la révulse. Les autres personnages féminins dépotent tout autant, mais je vous laisse le plaisir de les découvrir.

Bataille et complots

On avait déjà remarqué dans la Volonté du Dragon et la Route de la Conquête que l’auteur se débrouillait bien dans les scènes de bataille. Mais au-delà de la simple description de baston, il sait y mettre des enjeux et de l’humain. Les morts ne sont pas juste de simples pions faciles à tuer, mais des gens qui souffrent et qu’il faut essayer de sauver.

Dans Port d’Âmes, on s’était aussi rendu compte que Lionel Davoust adorait une autre forme de bataille : les dialogues retors où chaque mot à son importance. Et de ce côté-là, la Rhovelle n’a rien à envier à Westeros. Un régal à lire, même si on plaint les personnages.

Du médiéval fantastique post-apocalyptique

Cette société féodale, qui n’est pas sans rappeler l’ambiance de la guerre de Cent Ans, est la conséquence d’un cataclysme magique qui provoque des perturbations aléatoires très dangereuses. A cela s’ajoute une armée de morts-vivants répandant l’Eternel Crépuscule. Tout cela donne un monde dangereux, où les dieux s’affrontent par l’intermédiaire des hommes.

Mais la Rhovelle ne se résume pas à cela et on a aussi le plaisir de parcourir ce monde aux lieux exceptionnels (mais par l’intermédiaire d’un bouquin, ce qui est bien plus confortable).

Bref, vous attendez quoi pour le lire ?

Je pourrais encore vous parler de plein de choses qui rendent ce bouquin chouette mais je vous laisse le plaisir de la découverte. J’ai hâte de lire la suite qui devrait paraître début 2018.

En bonus, bientôt une interview de l’auteur sur le blog ! En attendant, vous pouvez aller voir le blog de l’auteur, qui est entre autre rempli de conseils utiles pour les apprentis écrivains.

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Lu #1

En ce premier lundi de l’année 2017, je vous partage une idée d’article que j’ai eu pour ce blog : Lu ! Cela consiste simplement à vous parler de mes lectures de la semaine, de manière plus succincte peut-être, mais qui du coup se veut plus exhaustive. C’est parti !

cal-de-terCal de Ter tome 1 de P.J. Hérault

Un homme se trouve livré à lui-même sur un monde inconnu après la destruction de la Terre. Au contact d’une civilisation qui se trouve au début de son Histoire, il veut lui éviter les mêmes ennuis. Y parviendra-t-il ?

Avec les trois premiers romans que constituent cette intégrale 1, P.J. Hérault a entamé un grand cycle de science-fiction pétri d’humanité, où beaucoup de questions morales sont abordées tout en restant dans un rythme rapide à la lecture agréable. La suite semble donc fort prometteuse et il faudra que je me la procure.

3303-14742gai-luron-tome-10-gai-luron-tire-une-tronche-pas-possibleGai-Luron tire une tronche pas possible tome 10 de Gotlib

Suite au décès de Gotlib, j’avais très envie de relire quelques Gai-Luron.

Gai-Luron est un chien bipède qui parle, et dont les histoires humoristiques n’ont pas pris une ride. Il est difficile de vous parler, mais je vous recommande de tester si vous ne connaissez pas.

fondateurs-ta-shimaLes fondateurs de Ta-Shima par Adriana Lorusso

Dans les tomes précédents, nous avions découvert Ta-Shima, planète étrange et sauvage où les habitants vivent dans une société bien différente de celles des humains des autres planètes. Ici nous en découvrons les origines.

Ta-Shima est une de mes séries préférées de science-fiction, intelligente et abordant beaucoup de thèmes sociologiques tout en nous dépaysant sur une planète étrange. L’écriture est fluide et addictive, et l’on se retrouve vite à la fin du livre tant l’on est pris dans l’histoire. Si vous ne l’avez pas lu je vous la recommande absolument. Si vous avez déjà lu les autres, vous adorerez celui-ci car il permet de connaître les origines du monde que vous aimez déjà.

Et vous, qu’avez-vous lu la semaine dernière ?

 

 

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La tyrannie de l’arc-en-ciel. 1. La route de Haut-Safran – Jasper Fforde

fforde-arc-en-ciel Bienvenue dans la Chromocratie, une société dans laquelle la place, l’avenir et le métier de chacun sont déterminés par la couleur principale qu’il perçoit.
A Jade-Sous-Limon, Edward Rousseau, un jeune Rouge sans histoires, attend patiemment son mariage avec une Sang de Boeuf qui lui assurerait une belle lignée Pourpre. Mais après une altercation avec un camarade, il se voit infliger une Tâche Inutile par les autorités ; recenser les chaises dans les Franges Extérieures. Arrivé à Carmin-Est, Edward comprend qu’il n’est pas au bout de ses surprises ; une Prévôte Jaune tyrannique force tout le monde à porter la cravate en demi-nœud Windsor, et les Gris à s’épuiser au travail. Pour ne rien arranger, une jeune fille au nez exquis l’initie à la rébellion…

 

Jasper Ffforde est sans nul doute l’un des écrivains le plus loufoquement génial qu’il m’ait été donné de lire ses dernières années. Etant une très grande fan de sa série Thursday Next (dont il faudra que je vous touche un mot à l’occasion), je me devais de lire cette série (merci à l’ami qui me l’a offert s’il passe par là).

Cette fois-ci, Ffforde s’intéresse aux couleurs et crée un système politique où tout est déterminé par la perception visuelle, ainsi que des règles plus ou moins absurdes distillées au début de chaque chapitre.

« 3.9.34.59.667 : Afin de préserver la qualité du stock génétique ainsi que la décence publique, il est formellement interdit aux couleurs complémentaires de se marier (Exemples : Orange/Bleu, Rouge/Vert et Jaune/Pourpre) »

« 9.3.88.32.025 : Le concombre et la tomate sont tous deux des fruits. L’avocat est une noix. Pour faciliter les compléments alimentaires des végétariens, le premier mardi de chaque mois, le poulet est officiellement déclaré un légume. »

Nous découvrons ce système au travers d’Edward Rousseau, jeune Rouge envoyé à Carmin-Est. Dans les Franges Extérieures, les Règles y sont appliquées avec plus de souplesse qu’à Jade-sous-Limon et Edward, confronté aux absurdités de ce système où il est interdit de produire des cuillères, se pose de plus en plus de questions.

Loin des traditionnels personnages d’élus que l’on trouve souvent dans ce type de récits, Edward se distingue par une naïveté et une volonté de suivre les Règles, ce qui le rend bien plus intéressant à suivre qu’un personnage au tempérament rebelle. Ce sera une jeune Grise prénommée Jane qui l’amènera à voir au delà des apparences de ce monde parfait (pour ceux qui trouvent ces noms familiers, je rappelle que le premier livre de l’autre série de Jasper Fforde s’intitule L’affaire Jane Eyre).

Le système de la Chromocratie est très bien décrit et cohérent. Il allie des éléments originaux basés sur les couleurs à d’autres inspirés de systèmes politiques autoritaires bien réels. Le ton léger rend la lecture agréable mais dénonce aussi les dérives.

« Vous saviez qui vous étiez, ce que vous feriez, où vous iriez et ce qu’on attendait de vous. En échange, vous acceptiez votre position au sein de la Chromocratie et vous vous conformiez assidûment au Recueil de Règles. Votre vie était tracée. Et tout ça, en moins de temps qu’il n’en fait pour faire cuire une fournée de scones. »

 Un monde riche, dont il reste beaucoup à découvrir et des personnages intéressants, auxquels on s’attache au fil du récit. J’ai donc hâte de découvrir la suite !

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L’ensorceleuse de Pointe-Lévy – Sébastien Chartrand

EnsorceleuseEn Bas-Canada, après le Grand Choléra et la révolte des Patriotes, seules quelques personnes savent encore pratiquer la version théurgique des arcanes. Pourtant, à Notre-Dame des Tempérances, quelqu’un vient d’utiliser la goétie – la version noire des arcanes – pour modifier le cours naturel des choses. Nous sommes en 1849…
Neveu du curé Lamare, Faustin travaille comme bedeau au presbytère de Notre-Dame des Tempérances. S’il sait que son oncle fait partie des arcanistes survivants, il n’en est pas moins surpris quand, après une pénible divination pratiquée le soir du Mardi gras, le vieil homme le conjure de ramener au plus vite Rose Latulipe, la fille du maire. Or, quand Faustin, accompagné du vicaire François Gauthier, se présente chez le notable, la jeune fille a été enlevée par un mystérieux étranger.
La rencontre de Shaor’i, une Indienne aux pouvoirs arcanistes étonnants, lance les deux hommes sur des sentiers inconnus, d’abord pour recevoir l’aide du chamane Otjiera, puis vers le Mont à l’Oiseau de sinistre réputation, avec pour guide l’homme fort Baptiste Lachapelle.
Pour Faustin, qui découvre avec stupéfaction que des gens peuvent se changer en harfangs, que les lutins et les loups-garous existent tout autant que la bête à grand’queue et les jacks mistigris, c’est la fin de l’innocence… et le début d’une quête dont l’aboutissement final transformera à jamais son existence !

Livre reçu en cadeau lors des Utopiales (merci aux Editions Alire !)

En cours de lecture, je me suis fait la réflexion « C’est exactement tout ce que j’aime dans un livre » : les personnages sont intéressants, l’univers original et travaillé.

C’est la première fois que je lis de la fantasy québécoise et je ne suis pas déçue du voyage. J’ai beaucoup apprécié le jeu avec l’histoire et les mythes locaux pour en faire une intrigue qui ne pouvait pas se passer ailleurs. Comme je le disais dans cet article, je suis une grosse maniaque du contexte, donc quand celui est excellent j’approuve totalement !

Le récit est bien mené, renouvelant sans cesse l’attention du lecteur par de nouvelles révélations. Faustin découvre ce monde étrange en même temps que nous et nous instille cette sensation de malaise. Sans trop en dire sur l’intrigue, le choix de présenter un certain personnage par un récit à la première personne est une excellente idée qui n’a fait qu’accroître mon sentiment positif à l’égard de ce livre.

Un excellent premier tome pour une trilogie dont je vais acheter la suite avec grand plaisir.

logo 15aine imaginaireVoici un livre francophone mais non français pour la quinzaine de l’imaginaire !

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Port d’Âmes – Lionel Davoust

Portdames« Rhuys ap Kaledán est un héritier déchu.Tout juste libéré de la servitude et des galères, il rejoint la cité franche d’Aniagrad, où tout se vend et tout s’achète, pour reconquérir l’honneur de sa famille. L’occasion lui en est rapidement donnée : Edelcar Menziel, un ancien ami de son père, lui propose de travailler sur la conversion dranique, un procédé perdu depuis des siècles qui permettrait de réaliser des machines magiques.  Résolu à tracer son chemin dans la haute société de la ville,  le jeune homme s’investit de tout son cœur dans le projet.
Mais bientôt, coincé entre des intrigues politiques et son amour pour une mystérieuse jeune femme qui vend des fragments de son âme pour survivre, Rhuys découvre que le passé recèle des secrets bien sombres et tortueux. Aux prises avec l’ambition, la duplicité et le mensonge, il devra se montrer plus rusé que ses ennemis s’il veut atteindre son but sans perdre son âme. »

Voilà un livre dont je veux vous parler depuis quelques temps, mais j’ai eu du mal à le faire. Trêve de faux suspense, je l’ai adoré et je vous le recommande, c’est dit.

Port d’Âmes est un roman de fantasy, mais aussi d’apprentissage où Rhuys découvre la ville d’Aniagrad et les subtilités des intrigues qui s’y déroulent. Un regard idéal pour nous les lecteurs, qui nous permet d’appréhender cet univers étrange où l’on tente de redécouvrir des technologies passées au rang de mythologies. Rhuys tâtonne, fait des erreurs, mais progresse et apprend. Cet apprentissage « classique » est doublé par celui des souvenirs vendus par une jeune femme, occasion de très beaux passages sur l’importance de la mémoire.

L’intrigue est prenante, le style ciselé, les personnages complexes à l’image de la ville, les réflexions poussées. Tout cela donne un grand roman.

logo 15aine imaginaireLes billets publiés hier dans le cadre de la quinzaine de l’Imaginaire :

Si vous voulez nous rejoindre c’est tout simple, publiez un billet dans le thème et mettez le moi en commentaires dans le billet du jour, je le mettrai en lien du billet du lendemain. Aujourd’hui, on parle d’un livre français si ça vous dit 🙂

 

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Les peaux-épaisses – Laurent Genefort

les peaux épaissesLark et Roko : deux mercenaires parmi les plus doués et les plus chers. Le premier est un ancien peau-épaisse, un humain modifié pour résister aux conditions de travail dans l’espace. Après trente ans de métier, il décide de raccrocher et de rejoindre les siens. Le second, formé par Lark, déteste les Peaux-Epaisses. Depuis une affaire qui a mal tourné, il les chasse pour revendre leurs peaux, véritables combinaisons spatiales vivantes. Quand on l’engage pour éliminer le clan de Lark, son chemin va à nouveau croiser celui de son ancien mentor. Lark parviendra-t-il à retrouver et sauver son clan ? Et Roko assouvira-t-il enfin sa vengeance ? Une seule certitude : il y a des comptes à solder… d’un côté comme de l’autre.

Partant d’un duel au sommet entre un mercenaire et son ancien disciple digne d’un western, ce roman brasse beaucoup de thèmes intéressants, en particulier celui du transhumanisme. A partir de quand les manipulations génétiques font de celui qui les subit un non-humain ? Les peaux-épaisses, modifiés pour vivre dans l’espace, nous permettent de réfléchir à la question.

Le tout est situé dans un univers futuriste où les humains vivent dans des stations spatiales faites de bric et de broc, où même avoir de l’oxygène coûte cher.

Si je me suis parfois perdue dans le jargon technique, l’auteur sait ne pas en abuser et nous livre un récit fluide où la peinture des caractères prédomine sur la technologie.

Un roman à lire absolument ! De mon côté, je mets dans mes bonnes résolutions 2016 de lire davantage de livres de Laurent Genefort !

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Lasser – Dans les arènes du temps – Sylvie Miller et Philippe Ward

lasser1937. Le Caire. Ils sont fous, ces Romains ! Quand la déesse Isis lui ordonne de partir à Pompéi récupérer une statue volée, Lasser se demande dans quel pétrin il va bien pouvoir se fourrer. Son instinct ne le trompe pas: là-bas, il doit tour à tour frayer avec la Mafia, travailler pour Jupiter, affronter la colère d’un volcan et… devenir l’assistant de Fazimel.
L’affaire se complique encore lorsque, par accident, Lasser est propulsé dans les arènes du temps,  là où les dieux eux-mêmes n’osent pas mettre les pieds.
Tentatives de meurtre, complots en tous genres, poursuites échevelées, ces aventures vont faire émerger de nouvelles facettes des deux détectives.

Pour ceux qui l’ignoreraient encore, je suis une grande fan de cette série d’enquêtes qui se déroulent dans un univers alternatif au nôtre, où les dieux existent et dominent les humains.
Dans ce nouvel opus, Lasser et son assistante Fazimel quittent l’Égypte pour l’Empire romain le temps de deux enquêtes. Difficile d’en parler sans trop en dire sur les tomes précédents, mais j’ai apprécié l’alternance des points de vue de Lasser et Fazimel, qui est très bien gérée. Il est très agréable de voir les personnages évoluer et c’est avec un petit pincement au cœur qu’on les quitte en attendant de nouvelles aventures.
Mais ce qui fait tout l’intérêt de cette série de livres, c’est son univers très bien travaillé. C’est un régal d’observer les changements entre cette réalité et la nôtre, et de voir le tout s’étoffer au fil des romans, en incluant de plus en plus de mythologies différentes. C’est un régal pour tous les amateurs d’histoire et d’uchronie comme moi.
Un bon livre qui donne le sourire, ça fait du bien et on en redemande !

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Le jeune Lovecraft tome 1 – José Oliver et Bartolo Torres

le-jeune-lovecraft-couvCe qu’en dit la quatrième de couverture :
« Écrivain, misanthrope, amant des chats et lecteur compulsif, Howard Phillips Lovecraft est le génie de la littérature de terreur qui nous a légué le cycle des mythes de Cthulhu et qui a changé à jamais la notion du genre… Mais avant de devenir un auteur culte, Lovecraft vit une enfance et une jeunesse magiques. C’est dans ce monde qu’il puise les idées qui l’aideront, une fois adulte, à créer toute la cosmogonie qui lui est propre. »
Mon avis :

Au cas où vous ne l’auriez pas compris, je compte vous parler de Lovecraft durant tout le mois. Aujourd’hui, voyons la bande dessinée sur son enfance que j’adore !
Sous forme de strips, les espagnols José Oliver et Bartolo Torres ont reconstitué l’enfance d’Howard Phillips Lovecraft . Dans cette biographie qui est très loin de la réalité (enfin j’espère), le petit Howard commence à se familiariser avec l’univers qu’il mettra en scène dans ses nouvelles.
Qui dit petit Howard, dit problèmes d’enfants. Ainsi le pauvre petit se fait racketter à la récréation. Pour résoudre ce problème, il cherche à invoquer une créature. Évidemment, dans ces strips à visée comique, rien ne se passe comme prévu… Dans le même ordre d’idées, on trouve au programme de ce premier tome entre autres créatures une goule, l’oeil de Rammenoth (et son propriétaire) ou bien encore le fantôme d’Edgar Allan Poe. Au fur et à mesure des histoires, certains personnages deviennent récurrents, ce qui ajoute au caractère addictif de cet ouvrage.
Entre les histoires du petit Howard et de sa bande, les auteurs se sont amusés à réécrire en quelques dessins des classiques de la littéraire vus à travers le prisme de l’univers lovecraftien, ce qui donne des résultats plutôt cocasses.
L’humour de cet ouvrage est, vous vous en doutez, un peu grinçant et pourrait ne pas plaire à tout le monde. Cependant, si vous aimez Calvin et Hobbes ou bien encore Peanuts, je suis quasiment certaine que vous apprécierez les histoires racontées dans le jeune Lovecraft.
Le dessin se situe lui aussi dans la lignée du comic strip américain, il y a par exemple peu de décors. L’essentiel du dessin est en noir et blanc, parfois rehaussé de couleurs comme le rouge.
Enfin, même si cette bande dessinée est truffée d’allusions à tout l’univers littéraire de Lovecraft, il peut être apprécié de tous, même de ceux qui n’ont jamais lu cet auteur (j’ai testé sur une amie héhéhé). Il peut même être une bonne introduction à ce monde étrange qui fait souvent un peu peur aux néophytes. Les fans apprécieront quand à eux de retrouver des personnages connus de l’univers de Lovecraft dans des situations amusantes.
En bref, Le jeune Lovecraft est une chouette bande dessinée que je vous recommande absolument, que vous soyez fan ou Lovecraft ou non.

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Le cycle de Lanmeur Tome 3. Les Rêveurs de l’Irgendwo

le-cycle-de-lanmeur-3-les-reveurs-de-lirgwendo-e1438967727915Après avoir beaucoup aimé les tomes 1 et 2 du cycle de Lanmeur, il était grand temps que je vous parle du tome 3, sorti l’année dernière. Mon avis sur le tome 4 ne devrait pas tarder à suivre.

Ce qu’en dit la quatrième de couverture :

« De partout des vaisseaux convergent vers Lanmeur. Si cet afflux est encore contenu dans le territoire contrôlé de l’Enclave, les Mondes Rassemblés ne tarderont plus à contester sa suprématie. C’est dans ce contexte de crise historique que Persval ap Galad est convoqué au palais des Thoreïdes. Les annalistes de l’aréopage statistique décident de l’envoyer à la rencontre d’un énigmatique artefact qui erre dans l’espace : dans ses entrailles repose peut-être l’explication de cet univers peuplé d’humanités que Lanmeur réunit depuis des siècles, comme les pièces égarées d’un même puzzle. Un univers dont les lois semblent se modifier avec le temps.
Pour remettre toutes les pièces en place, Persval devra-t-il, guidé par le fantôme informatique d’un mathématicien rebelle, rejoindre en Irgendwo la cohorte des Rêveurs surpris par la mouvance de leur propre création ?

Voici réunis pour la première fois en intégrales les romans du cycle de Lanmeur, pièce maîtresse de l’œuvre de Christian Léourier. Les Rêveurs de l’Irgendwo, qui contient Les Masques du Réel et La Terre de Promesse, nous plonge à nouveau dans cette fresque monumentale, véritable classique de la science-fiction française. Avec Christian Léourier, nous embarquons à la rencontre de l’Autre, dans des récits où se déploient avec bonheur le talent d’imagination d’un Jack Vance, l’élégance d’écriture d’une Ursula Le Guin et l’intelligence de récit d’un Asimov. »

Mon avis :

Autre tome, autre époque. Les Masques du Réel et la Terre de Promesse se déroulent deux siècles après l’action des tomes précédents. Lanmeur rassemble toujours, mais perd de sa puissance. Partis conquérir les étoiles, les Lanmeuriens ont déserté leur propre planète. C’est dans ce contexte que le lecteur atterrit enfin sur Lanmeur, souvent évoquée mais jamais vue. L’occasion de s’intéresser à son histoire et à son système politique avec les Thoréides, souveraines de la planète. Une chronologie située en fin d’ouvrage ravira les amateurs de dates (dont ma personne). Mais on quitte vite Lanmeur pour d’autres lieux.

Un long voyage attend Persval ap Galad dans Les Masques du Réel, chargé de retrouver un étrange artefact. L’occasion de plonger dans l’immensité de l’espace, guidée par une capitaine immortelle métamorphosée par l’apesanteur et les siècles de voyage.

Dans La Terre de promesse, Gald ap Dato part dans un voyage virtuel, vers l’Irgendwo, issu des rêves des annalistes. Le réel et le virtuel finissent par se confondre. Une analogie de ce qui se passe dans la tête du lecteur ?

Les planètes visitées, cadres des précédents ouvrages, ne deviennent ici que des étapes à franchir pour accomplir une quête. Mondes inconnus rêvées ou cauchemardesques, ils abritent les clefs de la compréhension de cet univers.

Avec ce troisième tome, le cycle de Lanmeur prend de l’ampleur pour nous offrir du grand, du très grand roman de SF. Les deux premiers tomes étaient déjà excellents, mais ici la qualité augmente encore et replace tout le cycle dans une autre perspective.

Cet avis a été difficile à écrire, tant le cycle mériterait une analyse plus approfondie. Mais j’espère vous avoir donné l’envie de vous y plonger.

Bonus : Irgendwo en allemand signifie quelque part et n’importe où. Simple coïncidence ? L’auteur sera en dédicace à la librairie Critic à Rennes mercredi après-midi, je lui poserais la question.

Prix Spécial du Grand Prix de l'Imaginaire 2013
Prix Spécial du Grand Prix de l’Imaginaire 2013

Le cycle de Lanmeur Tome 3. Les Rêveurs de l’Irgendwo
Christian Léourier
Editions Ad Astra
2013
19,80€

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Car je suis Légion – Xavier Mauméjean

car je suis légionJe suis tombée par hasard sur ce livre chez mes parents, et ayant beaucoup apprécié American Gothic du même auteur (il faudra que je rapatrie la chronique sur le blog un de ces jours) j’ai décidé de le prendre. Il m’a fallu attendre que mon club de lecture aie pour thème l’Asie pour avoir une bonne occasion de le sortir de la PAL

Ce qu’en dit la quatrième de couverture :

« Babylone, 565 av. J.-C. Sarban est un membre estimé de l’Ordre des accusateurs, les juges qui veillent au respect de la loi dans la cité.

L’équilibre précaire qui règne entre les humais et les dieux s’effondre brutalement. Les dieux sont fatigués et la déesse du chaos risque de reprendre le pouvoir. Les prêtres annoncent la suspension du temps et des lois, Babylone sombre dans la folie et le sang sans que les juges aient le droit d’intervenir. Mais Sarban découvre un crime sans lien avec les exactions commises dans la fureur ambiante, un mystère qui met en péril jusqu’à l’existence même de Babylone. Et celui de sa propre famille. »

Mon avis :

Comme vous le savez si vous êtes un habitué de ce blog, j’aime beaucoup l’histoire et l’archéologie. Pourtant, j’ai toujours une certaine réticence à lire de la fantasy historique de crainte d’être déçue.

Fort heureusement, Xavier Mauméjean propose ici de la fantasy historique d’excellente qualité en inventant une histoire qui n’aurait pu se produire que dans le contexte particulier de la Babylone de Nabuchodonosor.

Même les dieux ont besoin de repos, et la population doit donc être libérée des lois. Le temps n’a plus cours. Un contexte étrange, où notre personnage se retrouve simple témoin des exactions commises dans la ville. Mais Sarban pressent qu’un crime a été commis avec préméditation et tombe donc sous le coup de la loi. Difficile de mener une enquête dans une ville à feu et à sang. Aidé par ses proches, il met au jour quelque chose de capital.

L’auteur réussit le pari difficile de nous introduire à une période historique méconnue, en utilisant des termes de l’époque, mais sans que cela ne desserve le récit. Cette excursion dans le passé réussie devient un roman policier des plus intéressants, qui au passage nous interroge sur la nature humaine et l’équilibre entre la loi et le chaos.

Une excellente découverte, qui a su m’intéresser au fil de ma lecture, pour aboutir à un final captivant. A lire.

Car je suis Légion
Xavier Mauméjean
Pocket (édition de poche), Mnémos (grand format)
2005