Uncategorized

La Lettre à Helga – Bergsveinn Birgisson

la lettre à Helga

 

 

Pourquoi ce livre ?

Comme chaque année, PriceMinister nous propose de découvrir un livre de la rentrée littéraire, j’ai donc opté pour celui-ci dont j’avais entendu de bons échos. Un grand merci à eux !

Ce qu’en dit la quatrième de couverture :

« Mon neveu Marteinn est venu me chercher à la maison de retraite. Je vais passer le plus clair de l’été dans une chambre avec vue plongeante sur la ferme que vous habitiez jadis, Hallgrímur et toi. » Ainsi commence la réponse – combien tardive – de Bjarni Gíslason de Kolkustadir à sa chère Helga, la seule femme qu’il aima, aussi brièvement qu’ardemment, d’un amour impossible.

Et c’est tout un monde qui se ravive : entre son élevage de moutons, les pêches solitaires, et sa charge de contrôleur du fourrage, on découvre l’âpre existence qui fut la sienne tout au long d’un monologue saisissant de vigueur. Car Bjarni Gíslason de Kolkustadir est un homme simple, taillé dans la lave, pétri de poésie et d’attention émerveillée à la nature sauvage.

Ce beau et puissant roman se lit d’une traite, tant on est troublé par l’étrange confession amoureuse d’un éleveur de brebis islandais, d’un homme qui s’est lui-même spolié de l’amour de sa vie.

Mon avis :

Que dire d’un tel livre ? Un livre à la narration étrange qui consiste en une longue lettre qu’écrit Bjarni à Helga. Helga a été la femme de sa vie, et le temps d’une année, « la saison des amours de ma vie », tout fut possible. Dans cette lettre, Bjarni raconte tout à son aimée, de ses sentiments à sa lâcheté de l’avoir laissée.

Au travers de ce récit amoureux, c’est toute l’Islande qui se dévoile, un pays dur et sauvage, recelant plein de beautés pour qui sait les voir. Bjarni est née dans ces terres, et il est en amoureux. Pour lui, quitter la campagne pour la ville est inenvisageable, même si sa vie ne le satisfait pas.

« Des nuages fantasmagoriques passaient au-dessus de moi, dans le creux, et il me semblait toujours que leurs figures voulaient me dire quelque chose, un message à moi seul destiné. Aurais-je jamais l’occasion d’observer les nuages à Reykjavik ? Ma perception des choses n’y serait-elle pas comme encroûtée de berniques, face à la beauté de la vie ? »

 

A l’image de ce pays, Bjarni est un narrateur sauvage, un peu abrupt, mais derrière ces mots qui peuvent surprendre dans un discours amoureux, dépouillés de tout lyrisme, on sent toute la force de son amour envers Helga.

« Je compris que je ne réussirai jamais à me libérer de ton emprise – j’aurais soif de toi jusqu’à mon dernier souffle. Je me fiche pas mal d’écrire cela, Helga : je ne suis qu’un vieillard qui n’a plus rien à perdre. »

Un livre prenant, que l’on lit d’une traite en à peu près une heure, déroutant par sa manière d’alterner de très belles descriptions et des passages plus crus (pas vulgaires, juste crus), et qui nous montre la campagne islandaise comme on a rarement l’occasion de la lire.

J’aurais cependant aimé que ce livre me touche davantage, sans doute en attendais-je trop, peut-être n’étais-ce pas le bon moment pour moi, mais peut-être qu’il sera un coup de cœur pour vous ?

Ma note : 16/20

matchs-price-minister-2013