Littérature française

La philosophie dans le boudoir – Donatien Alphonse François de Sade

la philosophie dans le boudoir

 

Pourquoi ce livre ?

Afin de rendre 2014 plus drôle, j’ai pris quelques résolutions inutiles ; lire une oeuvre du marquis de Sade était l’une d’entre elles. J’ai donc téléchargé depuis le site d’ebook gratuits ce livre qui me semblait être parmi les plus « softs » de l’auteur.

De quoi ça parle ?

Eugénie, 15 ans, est invitée par madame de Saint-Ange à un week-end « d’initiation » (je vous laisse deviner la suite).

Mon avis :

Je sais ce que vous voulez savoir, bande de coquinous, est-ce croustillant ? La réponse est non. Même si le texte est clairement explicite sur le sujet, j’ai plutôt eu l’impression d’assister à une démonstration de gym acrobatique en équipe (ces gens sont drôlement souples quand même). Le propos reste finalement très technique, puisqu’il faut instruire Eugénie, et on assiste à des sessions théoriques puis des travaux pratiques. Donc si vous voulez juste vous rincer l’oeil, ce livre n’est clairement pas pour vous. Si vous voulez apprendre des pratiques bizarres ce n’est pas non plus le bon livre, je pense que l’auteur a fait plus trash.

En effet, ce genre de passages sont en plus minoritaires dans le livre, puisqu’entre deux sessions pratiques, Eugénie est instruite de la philosophie propre au libertinage (la gym acrobatique ça fatigue). Dolmancé, son professeur en débauche, l’éduque à l’immoralité et fait l’apologie de toutes les pratiques immorales ou illégales (oui toutes). On sent toute la vacuité de son argumentaire pour justifier ses penchants, c’est bien écrit mais c’est un peu creux. N’importe qui avec un brin de connaissances en rhétorique et en philosophie pourrait retourner son raisonnement. Notamment sur le concept de liberté, on peut faire ce que l’on veut mais demande-t-on vraiment son avis au jardinier, que l’on fait sortir du boudoir dès que l’on parle philosophie ? Il en est de même pour le droit des femmes, elles ont le droit de se débaucher, mais pas vraiment celui de ne pas vouloir faire quelque chose. Enfin, le côté individualiste (chacun doit subvenir à ses besoins) est facile à affirmer quand on est né du bon côté de la barrière et qu’on n’a rien à faire de la journée si ce n’est de la gym entre amis. Cela m’a rappelé les arguments fallacieux dans les tirades de Dom Juan dans la pièce de Molière, sauf que là le but n’est pas de rire.

Evidemment, si l’on replace ça dans le contexte de l’époque c’est très choquant (surtout les récits que fait Dolmancé de ses « exploits » et la manière dont il les justifie), et l’on peut comprendre aisément que le marquis soit allé en prison pour de tels écrits.

Même si je n’ai pas adoré ma lecture, je suis cependant ravie d’avoir tenté l’expérience.

L’avis de Belette2911  (qui s’est ennuyée et je la comprends)