Littérature française

Le traducteur – Eric Fouassier

Pourquoi ce livre ?

Je me le suis fait dédicacer au festival Rue des livres à Rennes au mois de mars, mais je l’ai seulement lu maintenant lors de mes vacances en Scandinavie.

 

De quoi ça parle ?

La quatrième de couverture :  » Un ouvrage mythique, le Livre de Pao, qui serait un chapitre oublié de la Bible… Un peuple mystérieux parlant une langue menacée d’extinction… Le brouillon d’un poème d’Arthur Rimbaud qui recèlerait un secret demeuré inviolé… Une étonnante mystification aux dimensions planétaires… Tels sont les principaux ingrédients de ce beau roman qui commence comme un récit d’aventure pour s’achever en une fable douce amère sur le mensonge, la mémoire et les mirages de la postérité. Mais le Traducteur, c’est aussi et surtout, sous le soleil implacable d’Ethiopie ou dans le Paris des années folles, l’histoire d’une étrange fascination entre deux hommes que tout semble pourtant opposer : le narrateur, un jeune rentier naïf, et son mentor, un ancien médecin au passé trouble. »

 

Qu’est-ce que j’en pense ?

Ce livre nous dévoile les vraies-fausses confessions d’un vieil homme, Sébastien Violette, qui sent le besoin de se confier pour alléger sa conscience. Il nous raconte donc les évènements marquants de sa jeunesse, en particulier sa rencontre avec Gabriel Promeuth. Cet homme étrange n’a qu’une obsession, retrouver le mystérieux Livre de Pao, que Rimbaud lui-même aurait cherché, pour pouvoir le traduire et le livrer au monde. Mais l’histoire ne s’attarde que peu sur la recherche de ce livre et nous s’intéresse surtout aux conséquences de sa découverte, ce qui fait que ce roman est à mi-chemin entre roman d’aventures et roman psychologique. Ici, on voit que la découverte n’est pas une fin en soi, car l’intérêt n’est tant pas de découvrir quelque chose que de le faire pour de bonnes raisons. Car lorsque la gloire est le seul objectif de la recherche, celle-ci ne peut satisfaire entièrement celui qui cherche. C’est ce que nous montre l’exemple de Promeuth, mais aussi celui du narrateur, marqué toute sa vie durant par cette rencontre avec ce personnage étrange. Le fait que le narrateur nous fasse directement le récit de son histoire et nous fait se demander si nous aussi, nous n’aurions pas agi de la même manière que lui dans des circonstances similaires. Voilà donc un livre qui nous fait réfléchir, même longtemps après sa lecture, puisqu’il se lit plutôt vite avec ses 186 pages.

Mais je vous disais que ce livre est aussi un livre d’aventures, dont la quête du Livre de Pao se base sur des vers énigmatiques de Rimbaud :  » Je voyageai un peu. J’allais au nord… Je voulus reconnaître là toutes mes odeurs féodales, bergères, sources sauvages. J’aimais la mer, l’anneau magique dans l’eau lumineuse comme si elle dût me laver de mes souillures. Je voyais la croix consolante. J’avais été damné par l’arc-en-ciel et les magies religieuses… ». Un chapitre oublié de la Bible ? Un chef-d’oeuvre littéraire méconnu ? Vous saurez vite de quoi il en retourne et vous voyagerez entre l’Egypte et l’Ethiopie.

Inutile de vous dire que j’ai énormément apprécié ma lecture, avec un style qui se lit vite tout en faisant de belles phrases. Le personnage de Promeuth m’a interpellé, celui de Violette m’a touché. L’histoire est pleine de rebondissements qui je suis sûre vous étonneront plus d’une fois. Et je suis sûre que parmi vous, il y en a beaucoup qui aimeraient savoir ce que contient le fameux livre de Pao 😉

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