Je lis, Littérature française, Littératures de l'imaginaire

La messagère du ciel – Lionel Davoust

la-messagere-du-ciel-677x1024Présentation de l’éditeur : « Mériane est une trappeuse, une paria, une femme. Autant de bonnes raisons d’en vouloir aux Dieux qui ont puni le peuple de la Rhovelle pour les fautes de ses aïeux. Car depuis la chute du glorieux Empire d’Asrethia, le monde est parcouru de zones instables qui provoquent des mutations terrifiantes, les gens ont faim, et une religion austère qui prêche la haine des femmes soutient un système féodal.

Pourtant, quand les Dieux décident de vider leur querelle par l’intermédiaire des humains, un rôle crucial échoit à Mériane. Pour elle débute une quête qui la verra devenir chef de guerre et incarner l’espoir de tout un peuple. »

Je vous ai déjà partagé mes avis enthousiastes sur les ouvrages de Lionel Davoust se déroulant dans le monde d’Evanégyre (Port d’Âmes et La Volonté du Dragon), vous vous doutez donc bien que je partais dans cette lecture avec un a-priori positif.

La Messagère du ciel est la preuve qu’on peut avoir des personnages féminins géniaux dans un univers qui les déteste.

Si, si, je vous jure. Difficile de faire pire que la Rhovelle de cette époque, où les femmes sont toutes coupables de ressembler à celle qui a fait s’écrouler l’empire d’Asrethia. Pourtant, les personnages féminins du roman, loin de se conformer à l’idéal de l’époque (assez proche de la personnalité d’un pot de fleurs), ont choisi la révolte. D’ailleurs, les personnages ont des prises de position affirmées dès le début du roman. Ainsi, Mériane a déjà choisi de s’ostraciser de cette société qui la révulse. Les autres personnages féminins dépotent tout autant, mais je vous laisse le plaisir de les découvrir.

Bataille et complots

On avait déjà remarqué dans la Volonté du Dragon et la Route de la Conquête que l’auteur se débrouillait bien dans les scènes de bataille. Mais au-delà de la simple description de baston, il sait y mettre des enjeux et de l’humain. Les morts ne sont pas juste de simples pions faciles à tuer, mais des gens qui souffrent et qu’il faut essayer de sauver.

Dans Port d’Âmes, on s’était aussi rendu compte que Lionel Davoust adorait une autre forme de bataille : les dialogues retors où chaque mot à son importance. Et de ce côté-là, la Rhovelle n’a rien à envier à Westeros. Un régal à lire, même si on plaint les personnages.

Du médiéval fantastique post-apocalyptique

Cette société féodale, qui n’est pas sans rappeler l’ambiance de la guerre de Cent Ans, est la conséquence d’un cataclysme magique qui provoque des perturbations aléatoires très dangereuses. A cela s’ajoute une armée de morts-vivants répandant l’Eternel Crépuscule. Tout cela donne un monde dangereux, où les dieux s’affrontent par l’intermédiaire des hommes.

Mais la Rhovelle ne se résume pas à cela et on a aussi le plaisir de parcourir ce monde aux lieux exceptionnels (mais par l’intermédiaire d’un bouquin, ce qui est bien plus confortable).

Bref, vous attendez quoi pour le lire ?

Je pourrais encore vous parler de plein de choses qui rendent ce bouquin chouette mais je vous laisse le plaisir de la découverte. J’ai hâte de lire la suite qui devrait paraître début 2018.

En bonus, bientôt une interview de l’auteur sur le blog ! En attendant, vous pouvez aller voir le blog de l’auteur, qui est entre autre rempli de conseils utiles pour les apprentis écrivains.

Publicités
Je lis, La quinzaine de l'imaginaire, Littérature française, Littératures de l'imaginaire

Port d’Âmes – Lionel Davoust

Portdames« Rhuys ap Kaledán est un héritier déchu.Tout juste libéré de la servitude et des galères, il rejoint la cité franche d’Aniagrad, où tout se vend et tout s’achète, pour reconquérir l’honneur de sa famille. L’occasion lui en est rapidement donnée : Edelcar Menziel, un ancien ami de son père, lui propose de travailler sur la conversion dranique, un procédé perdu depuis des siècles qui permettrait de réaliser des machines magiques.  Résolu à tracer son chemin dans la haute société de la ville,  le jeune homme s’investit de tout son cœur dans le projet.
Mais bientôt, coincé entre des intrigues politiques et son amour pour une mystérieuse jeune femme qui vend des fragments de son âme pour survivre, Rhuys découvre que le passé recèle des secrets bien sombres et tortueux. Aux prises avec l’ambition, la duplicité et le mensonge, il devra se montrer plus rusé que ses ennemis s’il veut atteindre son but sans perdre son âme. »

Voilà un livre dont je veux vous parler depuis quelques temps, mais j’ai eu du mal à le faire. Trêve de faux suspense, je l’ai adoré et je vous le recommande, c’est dit.

Port d’Âmes est un roman de fantasy, mais aussi d’apprentissage où Rhuys découvre la ville d’Aniagrad et les subtilités des intrigues qui s’y déroulent. Un regard idéal pour nous les lecteurs, qui nous permet d’appréhender cet univers étrange où l’on tente de redécouvrir des technologies passées au rang de mythologies. Rhuys tâtonne, fait des erreurs, mais progresse et apprend. Cet apprentissage « classique » est doublé par celui des souvenirs vendus par une jeune femme, occasion de très beaux passages sur l’importance de la mémoire.

L’intrigue est prenante, le style ciselé, les personnages complexes à l’image de la ville, les réflexions poussées. Tout cela donne un grand roman.

logo 15aine imaginaireLes billets publiés hier dans le cadre de la quinzaine de l’Imaginaire :

Si vous voulez nous rejoindre c’est tout simple, publiez un billet dans le thème et mettez le moi en commentaires dans le billet du jour, je le mettrai en lien du billet du lendemain. Aujourd’hui, on parle d’un livre français si ça vous dit 🙂

 

Je lis, Littérature française, Littératures de l'imaginaire

La Volonté du Dragon – Lionel Davoust

la-volonté-du-dragon1

Ce livre date de 2010, mais la version numérique est parue aujourd’hui, c’est donc l’occasion idéale pour ressortir ce billet des cartons mandragoresques et le remanier un brin.

Ce qu’en dit la 4e de couverture :

Une reine dont les yeux émeraudes lisent l’avenir…
Un enfant-roi, passablement fou, gardien d’un savoir oublié…
Du déroulement de leur partie d’échecs pourrait bien se décider l’issue de la guerre…
Entre les derniers royaumes libres et les forces d’invasion de l’Empire d’Asreth se dresse l’imprenable Qhmarr, petit pays à peine sorti de l’ère médiévale. Gouverné par un roi trop jeune et un conseiller trop confiant, il ne devrait représenter dans le plan de conquête de l’Empire qu’une note de bas de page.
Et alors que le généralissime D’Eolus Vasteth s’emploie à négocier les modalités d’une reddition diplomatique, déjà, aux portes de la capitale, se presse l’implacable armada… La conclusion du conflit ne fait aucun doute. D’une manière ou d’une autre, Qhmarr passera sous pavillon asrien.
Pourtant, malgré la défaite annoncée, Vasteth découvre des dirigeants qhmarri inflexibles, prêts à confier le destin de leur nation à d’absurdes croyances ancestrales. A travers le défi lancé par l’enfant-roi, ce sont toutes les certitudes du généralissime qui vont se voir ébranlées, tandis que, sur la mer, les soldats meurent, simples pions sur un échiquier qui les dépasse…

Mon avis :

La Volonté du dragon raconte l’affrontement entre deux belligérants, l’un immense, l’autre minuscule, le tout narré de façon inhabituelle, car on trouve peu de récits où la bataille en est le centre, au lieu d’être un simple événement d’action.
L’autre originalité du récit réside dans l’affrontement en lui-même. En complément des manœuvres de bataille habituelles, les adversaires s’affrontent aussi au moyen d’un jeu comparable à celui des échecs. On alterne donc entre des scènes de bataille et des scènes de « jeu ».
Deux batailles parallèles très intéressantes à lire, car au-delà du style épique, c’est toute une réflexion qui se développe sur la guerre, la diplomatie, les pertes humaines et les modes de vie. L’analogie entre la guerre et le jeu y est poussée jusqu’au bout et nous fait réfléchir sur les conséquences de mauvaises décisions prises par des dirigeants  J’ai également apprécié que ce récit ne comporte pas un « gentil » et un « méchant », ce qui permet vraiment de développer ces réflexions d’une manière intéressante et se démarquant de batailles plus classiques en fantasy.
En ce qui concerne les personnages, ce sont les membres d’équipage du Volonté-du-Dragon qui portent la dimension affective de l’histoire et en peu de pages on apprend à les connaître et à les apprécier. En bonus, on trouve un très bon personnage féminin haut placé dans la hiérarchie militaire, ce qui fait plaisir à voir.
Pour tous ceux qui sont rebutés par les littératures de l’imaginaire, ne les estimant pas assez sérieuses, La Volonté du Dragon est exactement le livre qu’il vous faut car en déplaçant le conflit dans le monde imaginaire d’Evanégyre, l’auteur peut ainsi parler et réfléchir sur la guerre en s’affranchissant de la réalité historique. Le style est à l’image de cette réflexion, plutôt sérieux et recherché.

En conclusion, je recommande cet ouvrage à tous les amateurs de récits de batailles et de réflexion sur le sujet, puis de prolonger votre découverte de l’univers d’Evanégyre par la lecture de la Route de la Conquête (dont il faudra que je vous parle un de ces jours). Pour ma part, j’attends avec impatience la parution de Port d’Âmes !