Je vais passer pour un vieux con et autres phrases qui en disent long – Philippe Delerm

vieuxcon

 

Pourquoi ce livre ?

Dans le cadre des matchs de la rentrée littéraire de Priceminister, j’ai choisi de recevoir ce livre. Le premier envoi s’étant perdu dans les limbes postales, Oliver m’a gentiment proposé de m’en envoyer un deuxième qui est arrivé hier. J’ai donc vite lu ce livre pour pouvoir vous en parler à temps pour que mon billet compte pour le match !

Ce qu’en dit la quatrième de couverture :

 » Traquant les apparentes banalités de nos discours, nos petites phrases toutes faites, Philippe Delerm révèle pour chacune un monde de nuances, de petits travers, de rires en coin. La vérité de nos vies, en somme. Tour à tour attendri, moqueur ou mélancolique, il s’attache aux détails, il s’attache aux détails qui nous dévoilent un monde. Des mots qui nous échappent, des instants vécus par tous.

Ce que j’en pense :

Je vais commencer ce billet sur un livre parlant des précautions oratoires, par l’une d’entre elles dont on se sert souvent sur les blogs : j’ai tellement aimé que je vais avoir du mal à vous en parler. Car quand on aime beaucoup un livre, cela nous touche de manière tellement personnelle et intime qu’il est difficile d’en parler de manière un peu objective.

Ce livre est composé de 42 (un très beau nombre) chapitres, chacun traitant en deux ou trois pages d’une de ces phrases que vous avez forcément vu ou entendu quelque part. L’auteur les analyse pour redonner à ces petits morceaux de dialogues tout leur sens. Nous rendons-nous compte de ce que disons ? Ne nous cachons nous pas derrière des phrases toutes faites ? Au contraire, avons-nous trouvé certaines de ses phrases gênantes voire blessantes ?

Derrière chaque phrase se dévoile le ressenti de l’auteur, certaines plus personnelles que  d’autres, mais toutes nous parlent un peu et finissent par nous rappeler à nos actes présents et passés.

Beaucoup de livres veulent vous faire évader du quotidien, d’autres le dissèquent pour mieux le dénigrer, au contraire de celui-ci qui vous y ramène tout en le valorisant.

Ainsi, lire le chapitre  sur « Vous n’avez aucun nouveau message » vous rappelle à votre propre attente d’un coup de téléphone.  Certaines phrases ont une tonalité un brin plus nostalgique, comme  » Je vais chez Mentec » qui vous ramène au temps (pas si ancien je l’ai connu et le connaît encore) où l’on connaissait le nom des commerçants au point de l’associer au magasin. D’autres encore vous rappellent des comportements désagréables auxquels vous avez été confronté tels que « J’étais pas né » ou bien « Il y a longtemps que vous attendez ? ».

Comme moi, peut-être avez-vous déjà employé « C’est à voir », « ça passe trop tard » ou bien encore « Et là, c’en était pas une ? ». Vous serez confrontés à certaines de vos lâchetés quotidiennes, et je ne pourrais plus jamais dire certaines phrases sans penser à ce livre.

Cette variété de ton dans les phrases nous fait ainsi passer par diverses émotions qui vont du sourire de connivence pour « Je vais passer pour un vieux con » jusqu’à l’émotion de « Je ne m’en servirai plus, maintenant ».

J’ai apprécié le style bref mais précis, pas besoin de détours inutiles pour dévoiler la vérité. Un livre qui se lit vite et agréablement mais dont j’aurais sûrement envie de relire quelques chapitres à l’occasion pour en saisir toutes les subtilités.

Désormais ces petites phrases ne seront plus si anodines à notre regard de lecteur connaisseur.

Ce n’était pas mon premier livre de Philippe Delerm et ce ne sera certainement pas le dernier.

Et puisqu’on m’a demandé une note je mets 5/5 !

Pour vous rendre sur la fiche du livre, cliquez sur l’image.

Un grand merci à Priceminister pour ce beau moment de lecture !