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Lasser – Dans les arènes du temps – Sylvie Miller et Philippe Ward

lasser1937. Le Caire. Ils sont fous, ces Romains ! Quand la déesse Isis lui ordonne de partir à Pompéi récupérer une statue volée, Lasser se demande dans quel pétrin il va bien pouvoir se fourrer. Son instinct ne le trompe pas: là-bas, il doit tour à tour frayer avec la Mafia, travailler pour Jupiter, affronter la colère d’un volcan et… devenir l’assistant de Fazimel.
L’affaire se complique encore lorsque, par accident, Lasser est propulsé dans les arènes du temps,  là où les dieux eux-mêmes n’osent pas mettre les pieds.
Tentatives de meurtre, complots en tous genres, poursuites échevelées, ces aventures vont faire émerger de nouvelles facettes des deux détectives.

Pour ceux qui l’ignoreraient encore, je suis une grande fan de cette série d’enquêtes qui se déroulent dans un univers alternatif au nôtre, où les dieux existent et dominent les humains.
Dans ce nouvel opus, Lasser et son assistante Fazimel quittent l’Égypte pour l’Empire romain le temps de deux enquêtes. Difficile d’en parler sans trop en dire sur les tomes précédents, mais j’ai apprécié l’alternance des points de vue de Lasser et Fazimel, qui est très bien gérée. Il est très agréable de voir les personnages évoluer et c’est avec un petit pincement au cœur qu’on les quitte en attendant de nouvelles aventures.
Mais ce qui fait tout l’intérêt de cette série de livres, c’est son univers très bien travaillé. C’est un régal d’observer les changements entre cette réalité et la nôtre, et de voir le tout s’étoffer au fil des romans, en incluant de plus en plus de mythologies différentes. C’est un régal pour tous les amateurs d’histoire et d’uchronie comme moi.
Un bon livre qui donne le sourire, ça fait du bien et on en redemande !

Crimes et policiers, Littérature française, Littératures de l'imaginaire

Lasser, un privé sur le Nil et Mariage à l’égyptienne – Sylvie Miller et Philippe Ward

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Pourquoi ce livre ?

Je me suis fait dédicacer le premier tome à Rue des Livres à Rennes, puis j’ai acheté le tome 2 alors que je n’avais même pas terminé le tome 1, attendez-vous donc à une chronique enthousiaste.

Ce qu’en disent les quatrièmes de couverture :

 » 1935. Le Caire. Jean-Philippe Lasser, détective privé de seconde zone, hante le bar de l’hôtel où il a posé ses valises et ses bureaux, en attendant le coup qui rapportera gros. Pour le moment, il ne décroche que des petites affaires, celles que tous ses collègues ont refusées…

La dernière en date pourrait bien changer la donne : la déesse Isis en personne vient lui demander de retrouver le très convoité manuscrit de Thot. Or, si l’opportunité peut le rendre plein aux as, elle peut aussi le laisser sur le carreau. Malgré ses réticences, il n’est pas en mesure de refuser : dans cette Egypte pharaonique où les Dieux marchent parmi les hommes, quand les premiers ordonnent, les seconds obéissent.

Délaissant son précieux seize ans d’âge, il se lance dans une succession d’enquêtes rocambolesques qui le verra peut-être devenir le seul, l’unique, détective des dieux ! »

« 1935. Le Caire. Enfin ! Jean-Philippe Lasser vient de décrocher le jackpot, l’affaire qui lui vaudra la Une des journaux… ou la rubrique nécrologique.

Le mariage inédit qui doit rapprocher dieux grecs et égyptiens  risque de prendre une fâcheuse tournure : la future mariée a disparu ! Fugue ? Enlèvement ? Complot ? Si la promise ne réapparaît pas très vite, le vin de noces pourrait bien tourner au vinaigre.

Armé de son intuition et de son pur malt, Lasser plonge au cœur des intrigues divines, où mensonge et trahison sont la règle. Le compte à rebours est lancé : le détective des dieux n’a pas le droit à l’erreur, et encore moins de tomber amoureux… »

Mon avis :

Première constatation, cette lecture met de bonne humeur ! Sans avoir ri aux éclats, je n’ai pu que constater l’effet plus que positif de cette lecture sur mon moral. L’humour est sans cesse au rendez-vous, que ce soit par les réflexions de Lasser ou bien les sujets des enquêtes.

J’ai également pu apprécier l’univers uchronique, très original avec un monde resté dans la situation géopolitique de l’Antiquité, où le pharaon gouverne toujours l’Egypte. Une idée riche, bien exploitée, dont j’apprécie de connaître les détails au fur et à mesure des enquêtes. L’Egypte est certes le principal pays évoqué, mais dans le tome 2 on évoque également d’autres contrées, tout en ne perdant jamais le lecteur dans une complexité de détails. Evidemment, l’ancienne étudiante en histoire et archéologie que je suis n’a pu qu’apprécier le sens du détail avec lequel les monuments antiques, toujours debouts dans ce monde, sont décrits.

Mais ce monde uchronique ne serait rien sans ses acteurs principaux : les Dieux ! Des célébrités aux supers-pouvoirs, égoïstes, colériques et impulsifs. Il est impensable de vouloir les contrarier, voire même de les regarder d’une manière qui ne leur conviendrait pas, sous peine de finir instantanément en fumée. Les Dieux sont conformes à l’image formée par les différentes mythologies, et un amateur de ces mythes y retrouvera avec plaisir des personnages bien connus (oups je les ai traités de personnages, j’espère ne pas finir foudroyée…). Cette connaissance de la mythologie m’a d’ailleurs permis d’anticiper certaines résolutions d’enquêtes.

Car n’oublions pas que ces deux livres traitent d’enquêtes. Jean-Philippe Lasser, malgré son monde exotique, est conforme à l’image du détective privé des années 30  : grand amateur de whisky, de femmes (signalons au passage son goût plus que déplorable pour les choisir), solitaire de caractère. Mais sous cette façade peu sympathique, on prend plaisir à suivre un homme attachant, rendu amer par son passé (son père a été changé en corbeau par Taranis), et qui progressivement prend conscience que les gens de son entourage tiennent à lui et sont prêt à tout pour l’aider. Je ne peux vous en dévoiler davantage sur les personnages secondaires, de peur de gâcher votre découverte, mais sachez qu’ils contribuent au plaisir de découvrir cette histoire. Tout comme Lasser, ces personnages sont plus complexes qu’il n’y parait au premier abord, et l’on prend plaisir à les connaître davantage au fil des enquêtes.

Les enquêtes sont prenantes et pleines de rebondissements, comme je l’ai dit plus haut on se doute parfois de l’identité des coupables mais l’on est souvent surpris par le dénouement des affaires.

Le premier tome Lasser, un privé sur le Nil est composé d’un prologue, Filature à Marselha qui explique pourquoi Lasser a quitté sa Gaule natale pour l’Egypte, puis d’enquêtes où Lasser doit retrouver des objets divins assez particuliers : Le Manuscrit de Thot (où le Sphinx est un indic), Le Chat de Sekhmet (où l’on croise le grand organisateur Sarq-Ôsis), L’Embrouille Féline (une très bonne réécriture d’un conte bien connu), Le quatorzième morceau d’Osiris (pour les connaisseurs de mythologie égyptienne : oui c’est bien le morceau auquel vous pensez), La querelle nubienne (où l’on quitte un peu l’Egypte). Cependant, on ne peut pas vraiment parler d’un recueil de nouvelles puisque toutes les enquêtes s’enchaînent les unes aux autres, vous donnant à chaque fois envie de lire l’intrigue suivante.

Ainsi le tome 2  Mariage à l’Egyptienne reprend là où le tome 1 s’est arrêté, mais ici Lasser mène une seule enquête. A l’occasion d’un mariage entre deux divinités, la fiancée disparaît. Lasser doit mener l’enquête au plus vite afin d’éviter un incident international car à côté d’un mariage divin, nos mariages royaux font pâle figure.  Ce tome 2 est donc l’occasion de faire une intrigue plus développée (au grand désespoir de Lasser, qui en bave encore plus que d’habitude), de voyager un peu, mais aussi de côtoyer des divinités venues d’autres pays, notamment celles issues de la mythologie grecque.

Le sujet du tome 3 est plus que prometteur, j’ai hâte de pouvoir le lire !

En bref : drôles, prenants et originaux, ces deux livres vous feront passer un très bon moment !

Du côté des challenges 

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